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Exemples
de soutien par la FSA
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Thuro Bachmann, troisième au classement du Prix artistique de la FSA de cette année, ne s’est mis à l’art que tardivement. «Enfant déjà, j’aimais les activités créatives», nous confie-t-il. Plus tard, cependant, son désir de faire un travail créatif n’avait jamais été pris en compte sous prétexte de son handicap visuel.

Thuro Bachmann
Photo: René Mathys
C’est ainsi que, sur conseil de son médecin, Thuro Bachmann – atteint depuis sa naissance de rétinite – fit un apprentissage de jardinier paysagiste. Son affection s’aggravant, il ne put jamais exercer cette profession. Aussi dut-il gagner sa vie sur des chantiers, dans des garages et en tant que marchand d’oeufs. Il raconte que c’était très dur, en précisant: «On attendait de moi le même rendement que d’un voyant. Quand je n’y parvenais pas, je gagnais moins.»
Thuro Bachmann a travaillé à 100% jusqu’à l’âge de 50 ans. Mais son acuité visuelle s’étant encore dégradée, cela devint impossible. C’est ainsi qu’en marge de son travail, il se mit à sculpter des sujets en stéatite qu’il vendit non sans succès. Avec les années, son handicap empira au point qu’il dut cesser toute activité professionnelle. Par bonheur, c’est précisément à cette époque que fut fondé à Horw l’atelier de la FSA. Cet atelier offre notamment aux personnes ayant dû quitter prématurément le monde du travail en raison de leur handicap visuel, la possibilité de s’adonner sans pression de temps ni de rendement à une activité artisanale ou artistique, d’entretenir des contacts avec d’autres malvoyants et de bénéficier de journées structurées.
Thuro Bachmann fut, dès 1988, l’un des premiers membres de l’atelier. «Avec la sculpture et la peinture, j’avais enfin trouvé des activités qui me conviennent. Le fait de découvrir que je possède des talents dans ces domaines m’a apporté beaucoup de confiance et de joie de vivre», nous dit-il. Il se rend à l’atelier presque tous les jours et y travaille à ses sculptures sur bois, en stéatite et en albâtre. La peinture aussi signifie beaucoup pour lui – le prochain cours de peinture à l’hôtel Solsana de la FSA est prévu dans quelques jours.
Cela dit, à 77 ans, Thuro Bachmann a toujours bon pied bon oeil, tient encore son ménage lui-même et n’est pas uniquement actif à l’atelier. «J’adore faire des randonnées», précise-t-il, et d’ajouter «en compagnie de ma partenaire, malvoyante elle aussi, et d’autres membres de la FSA». Voilà qu’il peut, dans la vieillesse, rattraper tant de choses qui lui étaient interdites avant. «Aujourd’hui, je suis plus heureux que jamais» avouet-il avec un sourire satisfait.