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Clin d'Oeil: Edition 6/2009
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Jean-Marc Meyrat
Présenté dans le cadre de la 7e Assemblée générale de l'Union mondiale des aveugles à Genève et au Salon Autonomic en 2008 à Paris et lors du séminaire sur le bicentenaire de la naissance de Louis Braille en janvier 2009 dans cette même ville, le dispositif de plans de ville interactifs " ABAplans" prend de l'ampleur.
Initié par l'Association pour le bien des aveugles de Genève (ABA) et soutenu par la Fondation Hans Wilsdorf, ce prototype de plan tactile de la cité de Calvin est réalisé par la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture de Genève (hepia), anciennement Ecole d’Ingénieurs.
Imaginez un boîtier ressemblant à un scanner de 53 centimètres sur 46 et 9 d'épaisseur, d'un poids de 11 kilos. Sur sa surface supérieure, des feuilles thermogonflées sont posées sur une dalle tactile et les doigts peuvent suivre les rues qui sillonnent le centre ville et les principaux quartiers de Genève. Grâce à une légère pression du doigt sur un élément en relief représentant une rue ou un point d’intérêt, une voix synthétique d’une qualité équivalente à celles que l’on entend dans les transports publics genevois ou lausannois, vous indique le nom de la rue, les carrefours, les lieux spécifiques et les transports en commun.
Ce dispositif propose actuellement aux aveugles et malvoyants plusieurs plans facilement interchangeables: un plan général de la ville ainsi que des plans détaillés couvrant une zone d’environ 4 kilomètres carrés.
En plus de la possibilité qu'il offre à une personne aveugle ou malvoyante de se représenter à l'échelle de ses mains l'espace urbain dans lequel elle vit et déambule, ABAplans permet de retrouver de proche en proche une adresse choisie et de calculer un trajet en entrant les adresses du point de départ et de destination grâce à un clavier logé dans un tiroir sur le devant de l'appareil.
Compte tenu du coût du dispositif (entre 2000 et 3000 francs selon les modèles prévus) seules des institutions actives en faveur des aveugles et malvoyants telles que les services de consultation et, pourquoi pas, les ateliers de la FSA et des collectivités publiques comme les offices du tourisme, les gares et les aéroports, par exemple, pourraient être intéressées à s'équiper d'ABAplans. Dans cette optique, des contacts sont d'ores et déjà pris dans plusieurs cantons notamment Neuchâtel, et certaines villes françaises.
ABAplans a bien évidemment été soumis à l'examen attentif de personnes handicapées de la vue et a rencontré auprès d’elles un écho favorable. Si vous désirez en savoir davantage sur ABAplans et ses développements, n'hésitez pas à contacter Michel Lazeyras, chef de projet, professeur à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (michel.lazeyras@hesge.ch) ou consulter le site du projet: abaplans.eig.ch)

ABAplans pour "tâter" la ville. (Photo: Catherine Bullat-Koolliker)